La génération Y, management, accompagnement

La génération Y

De la génération « Y » à l’entreprise « Y », il n’y a qu’un pas : celui du sens et du temps donnés.

Nos organisations deviendraient-elles des entreprises « Y » ? Les hommes, la société en général opèrent une métamorphose. Interactivité, vitesse et adaptabilité deviennent les maîtres-mots des entreprises du XXIe siècle. Incontestablement, ceux sont aussi les talents spontanés des nouvelles générations ». L’entreprise d’aujourd’hui vit une mutation conséquente où les fondamentaux deviennent de plus en plus instables avec des règles qui, régulièrement changent.

Une génération qui dérange

La crise est devenue un catalyseur, un multiplicateur d’opportunités de changement. Paradoxe salvateur avec dans ce chaos, l’alternance de cycles d’ordre et de désordre. Au centre de cette tourmente la génération « Y » qui dérange et qui occupe de plus en plus le terrain avec l’émergence accélérée des nouveaux outils disponibles.

Depuis l’an 2000 cohabitent trois générations :

  • les quinquas, baptisés les « baby boomers »
  • les quadras, baptisés les « X » ou faux aventuriers
  • les fameux « Y » – traduit du « why » en anglais -, génération qui interroge en permanence le système sur le « pourquoi » et le sens donné, génération que l’on trouve en poste aujourd’hui issue des années 1976/1990.

Quand j’aborde le sujet de l’intergénérationnel, le débat devient vite interactif, passionné ! J’appuie particulièrement ma réflexion sur trois visions croisées :

  • un observatoire statistique avec une étude comportementale issue du Management Research Group® – Portland depuis 2008
  • une dizaine de conférences en France (réunions-débats au sein de Right Management, Directeurs Commerciaux de France RhôneAlpes, European Professionnal Women Network, Adira, Mouvement Génération RH, Universités.…)
  • plusieurs centaines d’heures de coaching de cadres d’entreprises (au niveau individuel et en équipes).

La génération Y - Blog RMPRHAvant tout une approche du management intergénérationnel ne peut être traitée de manière binaire (jeunes/vieux) et de façon généralisée (tous les jeunes se ressemblent).

Le management devient de plus en plus complexe. Sociétés privées, établissements publics, les organisations ont plus ou moins d’agilité pour aider les générations à travailler ensemble. Deux critères qu’il ne faut négliger : la pyramide des âges et l’ancienneté dans l’entreprise. L’impact des crises démographiques dans certains secteurs d’activité (hospitalier, BTP et demain le nucléaire) et certains métiers ne favorisent pas l’amélioration des transmissions intergénérationnelles.

Relation au temps et sens donné

Un premier conseil avec les « Y »: avoir toujours à l’esprit – en réponse face à leurs questionnements -: la relation au temps et le sens donné. Pour co-construire avec les jeunes d’aujourd’hui, il faut s’engager et tenir parole sur la durée attendue d’une mission, sur les délais possibles et aussi toujours être vigilant et expliquer ce qui motive les choix, les orientations. Il faut être créatif, les surprendre et inventer de nouvelles façons de travailler ensemble. Leur job doit être une « occupassion » sinon ils rompent avec le système sans scrupule, le quittent ou se désengagent. Ils sont très investis dans les réseaux sociaux avec fréquemment un double écran face à eux. Ils sont quasi constamment en connexion avec le monde entier et leur voisin d’à côté.

Il faut les canaliser et la priorité doit être donnée à la continuité et au développement de ce qui est déjà engagé. Assurer la transmission des savoir-faire entre les anciens et les nouveaux, mais aussi des nouveaux vers les anciens. D’où notre responsabilité : redonner du sens et mettre les enjeux en perspective. Le pari à relever, faire travailler ensemble des personnes que l’on peut penser diamétralement opposées. Francis Binoche – spécialiste RH des séniors- évoque au sujet de cette population « la confrontation, le désarroi et l’adaptation permanente face aux jeunes qui sont leurs collaborateurs mais aussi de plus en plus leurs managers ».

Nouvelle génération : autres codes

Cette génération Y est clairement atypique, en décalage, voire en opposition, avec les fondamentaux des deux précédentes générations. Accepter de changer notre référentiel, tel est le pari ! Certains jeunes Y interviennent parfois avec culot, sans un regard critique et modéré, et peuvent opter pour des réactions immédiates fondées sur leur seule intuition.

En synthèse, si la survie de l’entreprise de demain est de changer certains codes, certaines valeurs, certains droits et devoirs, ….alors… passer côté « Y » suppose plusieurs leitmotivs :

  • celui de l’immédiateté,
  • le « moi je, moi d’abord »,
  • le concept du « j’achète je vends je consomme, donc j’existe »,
  • le mode « tribu –réseaux sociaux» et moins dans l’intimité du « one to one » le paradoxe entre une culture « zapping » et l’engagement à l’entreprise
  • le glissement du « gagnant-gagnant » vers le « donnant-donnant ».

Préparons demain avec les jeunes d’aujourd’hui !

Ils fonctionnent « en mode projet » en instantanéité de la mission proposée. Cette immédiateté risque-t-elle de les entraîner, d’ici une décennie, dans une fragilité, un état dépressif ? Oui et non.

De tout temps de nouvelles générations se sont succédées avec de nouvelles façons de penser qui ont fait bouger la société. Ce qui rend particulièrement intéressante la génération « Y », c’est la résultante de la révolution industrielle du siècle des nouvelles technologies de l’information et non le phénomène de mode générationnelle. En ce sens, elle annonce la reconfiguration de la société et de l’Entreprise. Cette dernière ne devra pas simplement, comme elle l’a toujours fait, savoir intégrer une nouvelle génération avec d’autres valeurs, elle devra se transformer profondément.

La valeur force de cette métamorphose tient à la qualité du leadership, à la déclinaison d’une co-responsabilité engagée dans un esprit de résultat. Pour gagner en performance et vision partagée, il faut passer par le cap de « l’équipe solidaire ». A nous d’apprivoiser avec humilité ces nouveaux talents, d’une génération enthousiasmante par l’énergie qu’elle est capable d’offrir et son degré de réactivité.

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